Violences à Ekpè : l’INF promet une justice implacable
Découvrez ci-dessous l’intégralité du message de la Présidente de l’INF, prononcé ce 23 avril 2026 au journal télévisé de 20h sur la Télévision nationale.
»Béninois, Béninoises,
Chers compatriotes,
La vidéo qui a été portée à la connaissance du public depuis ce matin, concernant un fait qui s’est produit à Ekpe, dépasse l’entendement et heurte profondément notre conscience collective.
Les images d’une jeune fille attachée, nue, soumise à un acte de torture d’une cruauté inqualifiable, sont insoutenables.
Aucun motif, aucune frustration, aucun acte répréhensible, que cette jeune fille aurait commis, ne peut justifier une telle barbarie.
Je tiens à le dire avec la plus grande fermeté : la femme n’est ni une propriété, ni un objet, encore moins un être sur lequel quiconque pourrait exercer un droit de vie ou de mort.
Elle est une personne, titulaire de droits fondamentaux, inviolables et inaliénables.
Toucher à son intégrité devrait être vécu comme toucher à sa famille, sa communauté, sa nation.
Les faits commis sont d’une extrême gravité. Aucune complaisance ne sera tolérée. Toutes les voies légales seront mobilisées, y compris au-delà de nos frontières si nécessaire, afin que justice soit rendue et que des sanctions exemplaires soient prononcées.
L’INF, aux côtés de la victime et de la justice, n’entend en aucun cas laisser passer un tel acte de violence, visant à humilier, torturer, dégrader et détruire une jeune fille.
J’en appelle à la responsabilité collective. Nous devons refuser la banalisation de la violence, continuer de dénoncer de tels agissements, et protéger les victimes. Le silence et l’indifférence sont les alliés de la barbarie.
Ce soir, notre message est clair : aucune société digne de ce nom ne peut tolérer de tels actes. La justice passera, et elle sera implacable.
L’INF s’est autosaisie, le parquet compétent et la police sont déjà à pied d’œuvre, la machine de la justice est en branle.
L’INF se tient pleinement aux côtés de la justice pour que la victime bénéficie d’une prise en charge complète et digne. Tout sera mis en œuvre pour lui garantir un accompagnement sanitaire, psychologique, juridique et judiciaire à la hauteur des souffrances qu’elle a endurées. Sa protection, sa reconstruction et le respect de ses droits demeurent au cœur de notre engagement.
Je salue sincèrement le refus de la tolérance de la violence à l’égard de la femme et de la fille et la veille citoyenne qui ont inspiré le partage de la vidéo en guise de dénonciation.
Cela a été d’une grande utilité. Cependant, je voudrais rappeler que continuer de relayer cette vidéo, qui montre le visage de la victime, c’est prolonger la violence infligée à la victime, même si telle n’est pas l’intention. Je demande donc que cette vidéo cesse d’être partagée sur les réseaux sociaux et sur toute autre plateforme.
Parce que cette vidéo montre le visage de la victime, continuer à la relayer expose à des poursuites.
À l’avenir, lorsque des contenus de cette nature seront utilisés à des fins d’information, l’alerte étant un excellent réflexe, je recommande fortement qu’ils fassent l’objet de précautions strictes, en particulier le floutage du visage et de tout élément permettant d’identifier la victime, afin de préserver son intégrité et son droit fondamental à la dignité.
Je le redis et le répète à nouveau : Que l’auteur et ses complices, dont certains sont déjà appréhendés, ne se méprennent pas : ils seront tous recherchés sans relâche. Où qu’ils se trouvent, quels que soient les moyens qu’ils penseront utiliser pour se cacher, ils seront identifiés et traduits devant la justice. Aucune frontière, aucun refuge ne les mettra à l’abri. Nous allons œuvrer pour que la réponse soit implacable, totale et exemplaire.
Je lance enfin un appel solennel à toute personne disposant d’informations utiles : votre témoignage peut être déterminant. Si vous avez été témoin direct ou indirect de ces faits, si vous reconnaissez un lieu, une voix, un visage ou tout autre élément permettant d’identifier les auteurs, je vous invite à vous rapprocher immédiatement des autorités compétentes. Des dispositifs sécurisés sont mis en place pour garantir strictement votre anonymat et votre protection.
Vous pouvez nous joindre au 0151078888 ou sur notre ligne verte 114.
Parler, c’est contribuer à faire éclater la vérité et à rendre justice à la victime.
JE VOUS REMERCIE. «
Me Huguette Bokpè Gnacadja,
Présidente de l’Institut National de la Femme.
