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Tension au sommet du parti Les Démocrates : SODJINOU brise le silence

Le malaise couvait depuis des mois au sein du parti Les Démocrates (LD). Cette fois, il éclate au grand jour. Michel François Oloutoyé SODJINOU, coordonnateur de la 19ᵉ circonscription électorale, sort du silence pour dénoncer ce qu’il appelle une dérive autoritaire et un étouffement de la démocratie interne au sein du parti dirigé par Boni Yayi, président d’honneur.

« Je parle non par colère, mais par devoir », affirme-t-il, invoquant sa responsabilité envers les militants, la démocratie et l’histoire politique du Bénin.

Un idéal démocratique trahi

Dans sa déclaration, SODJINOU rappelle que le parti est né d’un espoir : offrir une alternative politique crédible au peuple béninois, fondée sur la justice et la liberté. Mais, selon lui, cet idéal s’est progressivement effondré.

« Nous voulions un parti où chaque voix compte, mais le rêve a été asphyxié par un leadership d’un autre âge », regrette-t-il.

Le tournant, selon lui, remonte au congrès de 2023 à Parakou, marqué par des discours à relents régionalistes et des décisions imposées sans débat. Depuis, le parti fonctionnerait sur un modèle fermé, contrôlé par “quelques-uns”, où les militants n’ont plus de place dans la prise de décision.

Les vieux démons du passé

Faisant un parallèle avec son expérience passée au sein des FCBE, SODJINOU estime que le schéma d’un pouvoir concentré autour de Yayi Boni se répète.

Il évoque notamment les choix présidentiels imposés : Lionel Zinsou en 2016, puis Reckya Madougou en 2021, deux décisions qui, selon lui, ont fracturé la base militante.

« Ce même scénario se reproduit aujourd’hui encore au sein du LD », dénonce-t-il. « Les décisions viennent d’en haut, sans concertation, sans transparence. »

Silence imposé, marginalisation assumée

Le député souligne que depuis le départ d’Éric Houndété de la tête du parti, plusieurs cadres ont été écartés ou réduits au silence, simplement pour ne pas appartenir au “bon clan”.

Il parle d’un climat d’intimidation, de provocations et de “souillures” contre certains responsables locaux.

« Beaucoup ont préféré se taire par peur d’être traités de traîtres. Mais il fallait rétablir la vérité », explique-t-il.

Selon lui, la structure du parti n’est plus qu’une façade : “des coordonnateurs sur papier, mais une poignée de décideurs dans l’ombre.”

Le processus de 2026 contesté

SODJINOU revient également sur la désignation du candidat à la présidentielle de 2026, qu’il juge manipulée et sans consultation.

Le débat autour de l’auto-parrainage aurait servi, selon lui, de prétexte à une mainmise totale du clan dirigeant.

« Sous prétexte d’unité, on a demandé aux députés de signer à blanc leurs fiches de parrainage », révèle-t-il.

« Le choix de Renaud Agbodjo est déjà acté avant la fin des travaux. Est-ce cela, la démocratie ? »

Il déplore aussi un discours régionaliste latent, qu’il décrit comme “dégoûtant et dangereux pour la cohésion nationale”.

« Le parti ne peut pas être confisqué »

Sans détour, Michel François Oloutoyé SODJINOU interpelle directement Boni Yayi.

« Le respect que nous lui devons ne doit pas nous empêcher de dire la vérité. Yayi ne peut pas continuer à décider seul du destin de notre parti », insiste-t-il.

Pour lui, la concentration du pouvoir entre quelques mains a remplacé l’esprit collectif des débuts. Il appelle donc à un réveil moral et démocratique au sein du LD.

Appel à la responsabilité et à la reconstruction

Tout en refusant toute rupture, SODJINOU dit ne pas reconnaître le processus actuel de désignation du duo présidentiel. Il parle d’un acte de fidélité et non de rébellion, un geste pour sauver l’âme du parti.

« Les Démocrates doivent redevenir un parti vivant, pluraliste, où la base a son mot à dire », plaide-t-il.

Il invite les militants à rester mobilisés et unis, en se concentrant sur les prochaines élections législatives.

Tourner la page des calculs personnels

En conclusion, le coordonnateur réaffirme son engagement pour un parti plus juste et une politique au service du peuple.

« La vraie grandeur politique n’est pas dans l’autorité, mais dans la capacité à rassembler », conclut-il.

« Pour le Bénin, pour la jeunesse, pour la vérité, il est temps de tourner la page des calculs personnels. »

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