Visite d’échange entre les CLE de l’Ouémé et du Mono : DuraGIRE outille les comités pour une gestion durable de l’eau
Les 16 et 17 septembre 2026, les dix Comités locaux de l’eau (CLE) de la basse et de la moyenne vallée de l’Ouémé, accompagnés de représentants des mairies, ont effectué une visite d’échange dans le département du Mono. Organisée par le projet DuraGIRE (Durabilité de la Gestion intégrée des ressources en eau), avec l’appui de ses partenaires SNV, VNG International et l’ANCB, cette initiative vise à favoriser le partage d’expériences et à renforcer les capacités des acteurs locaux pour une gestion durable et concertée des ressources en eau.
La tournée a débuté à Lokossa par une séance d’échanges avec le maire de la commune. À cette occasion, la cheffe de projet DuraGIRE a rappelé aux participants et aux autorités communales les objectifs de la mission : permettre aux CLE de s’inspirer d’expériences concrètes, de partager leurs pratiques et de renforcer leur engagement en faveur d’une meilleure gouvernance locale de l’eau.
La délégation s’est ensuite rendue sur le site du CLE de Djotoè, toujours à Lokossa. La présidente du comité a présenté les principales réalités auxquelles le CLE est confronté, notamment l’envahissement du lac par la jacinthe d’eau. Si cette plante aquatique constitue une contrainte pour les activités de pêche, elle représente également une ressource valorisable. Les membres du comité ont ainsi expliqué son utilisation dans la production de compost.
Cette pratique porte déjà ses fruits. Selon les acteurs rencontrés, les composts issus de la jacinthe d’eau contribuent aux bons rendements observés dans la production de certaines cultures maraîchères, notamment la grande morelle et le pissenlit. Une expérience qui illustre les possibilités de valorisation des ressources locales dans une logique d’économie circulaire.
Cependant, malgré son potentiel pour le compostage, la prolifération de la jacinthe d’eau demeure une préoccupation majeure pour les usagers du lac. Les membres du CLE souhaitent notamment préserver les espaces nécessaires à la pêche, une activité essentielle pour les communautés riveraines. Cette préoccupation a été portée à l’attention du Directeur général de l’Eau, qui a proposé une opération de ramassage collectif de la plante aquatique avec l’implication du CLE.
À Houéyogbé, une expérience axée sur la gestion des conflits
Le 17 septembre, la délégation a poursuivi sa mission dans la commune de Houéyogbé. Après une escale à la mairie, elle a pris la direction de Dhati Wozo, plus précisément du site de Wozo.
Sur ce site, les visiteurs ont pu découvrir une expérience mettant en évidence les effets des actions en faveur de la gestion et de la valorisation des ressources en eau. Le lac y constitue un espace de vie et de production où la pêche est pratiquée, notamment avec l’appui du projet Agir Eau de la GIZ.
La présidente du CLE Wozo a, pour sa part, partagé l’expérience de son comité dans la prévention et la gestion des conflits liés à l’utilisation des ressources en eau. Un retour d’expérience particulièrement enrichissant pour les CLE de l’Ouémé, confrontés eux aussi à des défis liés à la coexistence des différents usages de l’eau.
Des expériences à capitaliser pour une meilleure gouvernance de l’eau
Au terme de la visite des différents sites, le Directeur général de l’Eau a adressé un message d’encouragement aux membres des CLE. Il les a exhortés à poursuivre leurs efforts et à renforcer leur rôle dans la gestion concertée et durable des ressources en eau au niveau local.
Les maires de Lokossa et de Houéyogbé ont également exprimé leur satisfaction et leur reconnaissance pour cette initiative, tout en réaffirmant leur engagement à accompagner les actions en faveur d’une meilleure gestion des ressources en eau dans leurs communes.
Pour les membres des CLE et les agents des mairies de la basse et de la moyenne vallée de l’Ouémé, cette visite d’échange aura été une véritable occasion d’apprentissage mutuel. Elle leur a permis de confronter les réalités du terrain, de découvrir des solutions développées par leurs homologues et de réfléchir à leur adaptation dans leurs propres territoires.
Au-delà des deux jours de visite, l’enjeu est désormais de transformer les enseignements tirés en actions concrètes et de consolider les acquis au sein des CLE. Les participants sont ainsi repartis avec de nouvelles idées, des expériences à capitaliser et un engagement renouvelé pour contribuer à la pérennisation des activités des Comités locaux de l’eau







