8 Mars : La dignité féminine à l’épreuve des nations
Vues: 17
Le monde se prépare à célébrer la Journée internationale des droits des femmes. Discours officiels, Campagnes chromatiques, Hommages institutionnels. Pourtant, derrière la mise en scène diplomatique, une vérité subsiste : l’autonomie féminine demeure l’un des derniers champs de bataille idéologiques. Le 8 mars ne devrait pas être une célébration. Il devrait être un constat.
I — Là où la loi entérine la domination
En Afghanistan, le régime taliban a progressivement érigé l’effacement des femmes en architecture juridique et sociale : exclusion des établissements d’enseignement, restrictions massives de circulation, effacement de la vie publique. Dans ce contexte, les normes religieuses et politiques confèrent à l’autorité masculine une légitimité quasi absolue au sein du foyer. La violence domestique y prospère dans un climat d’impunité structurelle. Lorsque l’ordre légal ou institutionnel consacre la supériorité d’un sexe sur l’autre, la violence cesse d’être un accident. Elle devient un système. Le droit, censé protéger, se transforme alors en instrument de hiérarchie.
II — Le droit de disposer de soi, privilège géographique
Dans plusieurs régions du monde, l’interruption volontaire de grossesse demeure criminalisée, parfois même en cas de viol ou de danger vital. Le corps féminin devient objet d’arbitrage politique. Il ne s’appartient pas.Il s’administre. On invoque la morale, On invoque la tradition, On invoque la souveraineté nationale. Mais au centre de ces débats se tient une femme dont la volonté est subordonnée à des doctrines qui la dépassent. La liberté devient conditionnelle. Et la condition dépend de la latitude.
III — L’Afrique : puissance célébrée, droits fragiles
Sur le continent africain, la femme incarne l’ossature économique invisible : agriculture, commerce informel, solidarité familiale. Elle soutient les foyers, finance l’éducation, stabilise les communautés. On exalte sa résilience. On poétise son endurance. Mais la glorification masque parfois l’absence de protection. Les écarts salariaux persistent. La charge domestique reste inégalement répartie. Le leadership féminin progresse, mais demeure scruté avec suspicion. La force sans garantie juridique n’est pas une victoire. C’est une survie organisée.
IV — L’hypocrisie mondialisée
Les institutions internationales multiplient les déclarations en faveur de l’égalité. Pourtant, dans les faits, des fillettes sont privées d’éducation, des victimes sont contraintes au silence, des femmes voient leur avenir décidé par des assemblées exclusivement masculines. Le 8 mars devient alors un miroir diplomatique. Il révèle l’écart entre les chartes et les réalités, entre les constitutions et les cuisines, entre les sommets internationaux et les chambres closes.
Le droit des femmes n’est pas un symbole. Il est un indicateur de civilisation. Une société qui tolère que la violence conjugale prospère,
qui subordonne la volonté féminine à des dogmes, qui légifère sur son corps sans son consentement, ne célèbre pas l’égalité. Elle la scénarise. Cette année, cessons d’embellir la date. Cessons d’orner le calendrier. Célébrons réellement les droits des femmes. Non par des hommages. Mais par des garanties. Car la dignité ne se commémore pas. Elle se protège.
Océane HOUESSOU / LA SIRENE TV
