Une prophétie devenue pouvoir : quand la Reine-Mère du Danxomè annonçait l’ascension de Romuald Wadagni
Quatre ans avant le verdict des urnes, une voix respectée du royaume de Danxomè traçait déjà les contours d’un destin politique hors du commun. Aujourd’hui, à la lumière des résultats provisoires du scrutin du 12 avril, cette annonce résonne avec une force particulière : celle d’une vision devenue réalité.
Il y a quatre ans, sa Majesté Akaba Noutchéwè Ahantoun Dajan, Reine-Mère suprême du Royaume de Danxomè, affirmait avec conviction que Romuald Wadagni accéderait un jour à la magistrature suprême. Une déclaration qui, à l’époque, relevait pour certains de l’intuition spirituelle, mais qui trouve désormais un écho concret dans l’actualité politique nationale.
Au lendemain de la proclamation des résultats plaçant Romuald Wadagni et Mariam Chabi Talata à la tête du pays, la souveraine n’a pas dissimulé son émotion. Se disant « comblée par la réalisation de cette vision », elle a confié avoir porté cette certitude en elle depuis plusieurs années, bien avant qu’elle ne soit partagée dans les cercles restreints de ses proches.
Dans son intervention, la Reine-Mère a tenu à saluer « la maturité politique du peuple béninois », qu’elle décrit comme un exemple de discernement et de responsabilité. Selon elle, le scrutin du 12 avril illustre la capacité des citoyens à faire des choix souverains, sans céder aux influences extérieures.
Elle a également adressé ses félicitations au président élu, mettant en avant « un parcours d’homme d’État marqué par la rigueur, la discrétion et un engagement constant au service de la nation ». Pour la souveraine, cette accession au pouvoir n’est pas le fruit du hasard, mais l’aboutissement d’un chemin construit avec patience et détermination.
Mais au-delà des félicitations, sa Majesté Akaba Noutchéwè Ahantoun Dajan a élevé une prière solennelle pour le nouveau chef de l’État. Elle l’a exhorté à gouverner « avec abnégation, humilité et droiture », rappelant avec gravité que le pouvoir constitue « un dépôt sacré confié à ceux qui aiment sincèrement leur patrie ».
Ainsi, ce qui n’était autrefois qu’un rêve murmuré devient aujourd’hui une réalité politique majeure. Entre foi, intuition et volonté populaire, l’histoire de ce 12 avril semble s’inscrire dans une temporalité plus longue, où se croisent tradition et modernité.
Reste désormais à voir comment le président élu accueillera cette bénédiction venue des hautes sphères du royaume. Une chose est certaine : pour de nombreux observateurs, cette élection porte déjà les marques d’un récit singulier, où le destin semble avoir précédé les urnes.
Bienvenu Ehou
